Geneviève Laloux et la musique qui fait aimer la vie

🏘️ Un village d’adoption
Je m’appelle Geneviève Laloux. Je suis née à Oret, près de Mettet, dans l’Entre-Sambre-et-Meuse. Je suis arrivée à Leuze il y a cinquante ans, par amour. C’est ici que j’ai fondé mon foyer, élevé mes trois enfants, et vu naître mes six petits-enfants.
Je ne suis peut-être pas née à Leuze, mais c’est devenu mon village d’adoption, celui où j’ai choisi de m’engager.
🎓 Transmettre, encore et toujours
J’ai été enseignante à l’Institut Notre-Dame à Namur, où je donnais des cours de psychologie de l’enfant à de futures puéricultrices et infirmières. Transmettre faisait partie de moi.
À la retraite, je n’ai pas voulu arrêter cette dynamique. J’ai simplement changé de forme. J’ai décidé de transmettre autrement : par la musique et par le patrimoine.

🎼 La musique, une histoire de famille
Mon amour de la musique plonge ses racines dans mon enfance.
Mon père, agriculteur, était profondément sensible à la musique. Il m’a appelée Geneviève en souvenir d’une jeune Française, pianiste et chanteuse, qu’il avait rencontrée pendant la guerre. Ma maman, elle, chantait soprano dans la chorale paroissiale. J’entends encore sa voix.
Chez ma grand-mère, il y avait un piano intouchable, presque sacré. Ma tante, institutrice, jouait de l’orgue à l’église. La musique était là, discrète mais présente, comme une source souterraine.
Je ne suis pas devenue musicienne. Mais j’ai gardé l’émotion. Et surtout, l’envie de la partager.
🏛️ Le patrimoine, une autre passion
Si je n’avais pas étudié la psychologie à Bruxelles, j’aurais choisi l’histoire ou l’archéologie. L’histoire m’a toujours fascinée. Un professeur en humanités m’a profondément marquée.
Je crois que nos chemins se dessinent souvent grâce à des rencontres déterminantes.
À Leuze, j’ai rencontré Monsieur Maréchal, ancien directeur de l’Académie. Il m’a encouragée dans mon désir d’organiser des concerts. Plus tard, la découverte du chef d’orchestre Leonardo García Alarcón a été un choc émotionnel. En l’écoutant diriger Jean-Sébastien Bach, j’ai ressenti une dimension spirituelle qui m’a ramenée à mon enfance, aux vêpres de la Toussaint dans l’église baroque de Foy-Notre-Dame.
Tout se reliait.

🤝🏻 Restaurer pour transmettre
En 2022, j’ai fondé une ASBL avec trois autres personnes. J’avais déjà organisé des concerts, mais un jour, j’ai eu un véritable coup de foudre pour une petite chapelle en ruine.
Tout le monde trouvait le projet un peu fou. Mais je suis une battante. Quand quelque chose a du sens, je m’y engage.
La restauration a duré trois ans. Grâce à un appel à projets de l’Agence wallonne du Patrimoine, à des artisans, à des bénévoles, à des élèves de l’IFAPME, nous avons réussi. Ce qui semblait être « ma » chapelle est devenu un projet collectif.
Quand des problèmes d’humidité ont obligé à recommencer une partie des travaux, bien conseillée par Émile Pirard, j’ai écrit un livre pour financer les 5 000 euros manquants. Des élèves de l’école Saint-Martin de Leuze ont participé au projet : dessins, témoignages, découvertes du patrimoine local.
Voir ces enfants travailler sur leur iPad pour parler de chapelles anciennes, c’était exactement ce que je voulais : créer un lien vivant entre passé et présent.

🎶 Délocaliser la musique
Organiser des concerts, pour moi, c’est rapprocher la musique des gens.
Je propose principalement du classique – avec une affection particulière pour la Renaissance et le baroque – mais aussi du jazz ou du folk. J’organise les concerts dans des églises, des fermes, des lieux chargés d’histoire. À l’église Saint-Germain, datant du XIe siècle, nous avons associé musique et exposition historique.
Je travaille aujourd’hui en partenariat avec le Centre culturel et souhaite renforcer les collaborations avec l’IMEP à Namur, pour offrir une scène aux jeunes musiciens.
La musique n’est pas un luxe. Elle est mémoire, lien, émotion partagée. Comme l’écrivait Nietzsche : « La vie sans musique est tout simplement une erreur. »

🌟 Le mot de la fin
Si je pouvais parler à la petite fille de dix ans que j’étais, je lui dirais : tout ce que tu ressens en écoutant ta maman chanter, en entendant un prélude de Haendel à la radio, en observant ce piano interdit, ce sont des racines.
Un jour, ces racines donneront naissance à un projet.
Et tu comprendras que transmettre, c’est faire aimer la vie.
🔗 Pour aller plus loin
Rendez-vous sur ma page Facebook
L'intégralité de cet entretien est à retrouver en podcast ci-dessous 🤓👇🏻

Actions sur le document